Décrypter l’étiquette des cosmétiques

Souvent en gros caractères et convaincantes, les allégations mise en avant sur nos cosmétiques ne sont pas toujours réglementées. Comment démêler le vrai du faux et ne pas être induit en erreur ?

Actif breveté

La mention d’un brevet nécessite qu’un brevet est effectivement été déposé pour ne pas être considéré comme de la publicité mensongère. Malgré tout, aucune réglementation précise n’encadre cette mention et ses dérivés.

Le dépôt d’un brevet indique qu’il y a une nouveauté, création ou modification des éléments qui composent votre produit cosmétique. Un brevet, peut aussi protéger une innovation sur l’emballage. S’il n’est pas précisé, sur quoi porte le brevet, difficile de s’avoir sur quoi, porte l’innovation (une nouvelle pipette révolutionnaire, un emballage innovant,…)

Déposer un brevet est une procédure longue et coûteuse qui n’est pas à la portée de toutes les entreprises de cosmétiques présentes sur le marché. Certaines multinationales peuvent en faire un véritable argument marketing, en brevetant chaque mélange ou chaque substance pour donner une image qualitative de leur produit. Parfois, certains mélanges anciens et très connus, mais jamais brevetés, peuvent être accaparés et protégés du jour au lendemain, par les grandes marques. A l’inverse, des PME innovantes, n’ont parfois pas le budget nécessaire pour accéder à cette démarche, alors que leur laboratoire à fait une réelle découverte !

➡  Cette allégation est à considérer avec beaucoup de prudence, car un brevet ne garantie en rien la qualité du produit acheté.

Testé sous contrôle dermatologique

Cette mention a de multiples dérivés en changeant simplement la spécialité médicale en fonction du produit (dermatologue pour les cosmétiques, dentistes pour les dentifrices,…). Elle n’est absolument pas réglementée. Cette mention a pour but de mettre en avant le sérieux du fabricant en cautionnant la formule de son produit par un représentant du corps médical.

Avant d’être mis sur le marché, un cosmétique n’est pas soumis à une autorisation préalable comme les médicaments. Le fabricant est donc le seul garant que son produit « ne doit pas nuire à la santé humaine lorsqu’il est appliqué dans les conditions normales ou raisonnablement prévisibles d’utilisation » comme le prévoit la réglementation européenne. Le fabricant est donc tenu par la loi, de mettre en place des tests pour s’assurer de l’innocuité de son produit avant de le commercialiser. Préciser sur l’emballage que le fabricant a fait ce que lui impose la loi, apporte il une information supplémentaire au consommateur ?

Encore plus important : Qui sont donc les dermatologues cités par l’étiquette ? Un dermatologue payé par la marque pour apposer sa signature en bas d’un compte rendu d’analyse ? Un dermatologue travaillant pour un laboratoire indépendant qui intervient dans le processus de test ? L’étiquette ne le dit pas !

➡  Cette référence médicale sur l’étiquette bien que rassurante et autorisée ne garantie finalement rien !

Ingrédients d’origine naturelle

A l’heure actuelle, les produits naturels et biologiques sont particulièrement plébiscités par les consommateurs. Cela n’a pas échappé aux fabricants qui apposent la mention « naturel » sur leurs étiquettes comme pour dire « voici un produit sans danger pour votre santé » !

Petite précision importante : tout ce qui est naturel n’est pas bon pour la santé !

Naturel et d’origine naturel sont deux mentions bien différentes. Un ingrédient naturel provient directement de la production agricole qui est transformés au moyen de procédés physiques simples (filtration, décantation,…). Un ingrédient d’origine naturelle a été transformé au moyens de procédés chimiques. C’est très différent !

Comme expliqué dans l’article Les bons réflexes pour choisir ses cosmétiques, un ingrédient naturel mis en avant sur l’étiquette peut en fait ne représenter qu’une infime partie d’un cosmétique très synthétique ! Il est donc important, de considérer l’ensemble de la formule et de déterminer ce qui est réellement naturel !

 ➡ Attention aux produits multipliant les mentions en lien avec le côté naturel car beaucoup sont ambiguës !

Sans …

La liste des ‘sans’ dans les cosmétiques est parfois plus longue que la liste des ingrédients ! Rien n’encadre ce type de mentions dans la réglementation, elle est donc à l’initiative du fabricant. Le fabricant en multipliant les indications « sans » veut surtout dire au consommateur le produit est « sans danger« .

La bonne question à se poser c’est : qu’est ce qui remplace les composés évités ? Le « sans » a pu être remplacé par mieux ou bien pire !

Eviter les conservateurs souvent suspectés d’être allergisants, irritants, toxiques ou cancérogènes c’est un objectif noble. Mais le produit doit tout de même, être préservé de la prolifération bactérienne ! Si on le remplace par une grande quantité d’alcool classé dans la famille des solvants et considéré comme irritant et asséchant a t’on vraiment gagné au change ? Vous pouvez trouver un exemple intéressant, de produit aux multiples « sans » dans la partie tests produits du site, ici.

A l’inverse, remplacer un huile minérale (dérivée de la pétrochimie) ou synthétique (silicone) par une huile végétale (amande douce, avocat, argan, tournesol,…) représente une réelle alternative qui profite au consommateur. Souvent, les ‘sans’ remplacés par des produits plus qualitatifs ont un impact direct sur le prix du produit.

Parfois, cette mention est presque « de nature à induire le consommateur en erreur ». Un sérum constitué d’huiles végétales a tout juste besoin d’un antioxydant pour éviter le rancissement. Un conservateur serait compte tenu de la composition du produit inutile. Alors, un fabricant, qui indique sur son produit que le produit est sans conservateur donne l’impression de se priver d’un ingrédient alors qu’il est simplement inutile !

➡ Ne choisissez pas un produit uniquement parce qu’il s’agit d’un « sans » et recherchez avec précision par quoi les ingrédients ont été remplacés.

Conclusion

Comme le prouve ces quelques exemples, les allégations sur les cosmétiques sont à considérer avec précaution. Elles ne garantissent à rien la qualité de la composition du produit. Une lecture attentive de l’étiquette est nécessaire comme l’explique l’article Les bons réflexes pour choisir ses cosmétiques.

 

1 réponse

  1. 13 avril 2017

    […] La première chose à faire, est de choisir un shampoing doux et de qualité qui n’agressera pas le cheveu (le mot « doux » apparaît parfois à tort sur l’étiquette alors que le contenu du flacon est tout sauf doux pour le cheveu. Pour éviter de se faire piéger par ce type de mentions reportez vous à l’article Décrypter l’étiquette des cosmétiques). […]

Laisser un commentaire